Christophe Gironde Fin lettré

Publié le 25 Juin 2013

Christophe Gironde
Fin let
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Depuis trois ans, ce jeune Clermontois s’est lancé dans l’aventure d’une librairie indépendante, place de la Victoire. Option : généalogie et histoire régionale, mais pas seulement…

IL fait partie des espèces en voie de disparition. On ne peut que le regretter, mais c’est comme ça. Libraire indépendant. Une profession en danger. Sur la place clermontoise, les adresses ont tiré le rideau les unes après les autres. La révolution Internet ? Le désamour des plus jeunes pour la lecture ? La multiplication des loisirs dans une société où le temps apparaît de plus en plus compté… ? Certainement un peu de tout ça. Aujourd’hui, même les grandes enseignes sont touchées… Pourtant, jamais autant de livres n’ont été publiés. Les réseaux de commercialisation changent…
Alors oui, il faut être fou pour se lancer dans une telle aventure. Passionné aussi. Mais également malin. A la tête de la librairie « Nos racines d’Auvergne », située place de la Victoire, à Clermont, Christophe Gironde vient de franchir le cap des trois années d’existence. Un véritable exploit.
Modeste, l’intéressé n’en tirera pas gloriole. Pas le genre de la maison. « Je voulais en faire quelque chose de vivant. Aujourd’hui, c’est devenu un lieu de rencontre, de partage », analyse simplement ce fils et petit-fils d’employés Michelin, qui, enfant, déambulait au cœur des cités Bib, allée de la Source très précisément.

150 AUTEURS EN TROIS ANS

En trois ans, 150 auteurs ont dédicacé dans ses murs. Faites le compte. Un par semaine ! Et visiblement, beaucoup ne se font pas prier.
« Actuellement, certains veulent venir chez moi. Et ceux qui sont déjà venus veulent revenir. » Un signe, non ? Il faut dire que Christophe Gironde sait mettre les formes. Leur notoriété ? Peu importe. « Je traite les gens de la même façon. Quand un auteur publie son premier livre, je le prends. »
Titulaire d’un BTS comptabilité, notre libraire gère donc sa petite boutique avec bonheur et efficacité. Il a su également se positionner sur un créneau novateur et porteur : « associer la généalogie et l’Auvergne, l’histoire et le patrimoine. »
Mais ce n’est pas tout. L’étage de la boutique a été transformé en lieu d’exposition, « La salle de l’Art…Che ». Là, artistes en tout genre et autres associations d’histoire locale viennent présenter leurs œuvres et leurs travaux.
Il y a tant à dire et à faire. « Bourbonnais, Vellaves ou Auvergnats n’ont rien en commun », s’amuse-t-il, alors qu’il offre parfois à ses visiteurs un éclairage plus administratif des choses en mettant à l’honneur un département de la région.
En 2012, à la faveur des cent ans de la disparition d’Ambroise Tardieu, l’historiographe de l’Auvergne, Christophe Gironde a organisé pas moins de douze manifestations. Pour cela, il a fallu créer l’association ABV (Patrimoine, Auvergne, Bourbonnais, Velay), dont il occupe la présidence.
Si la structure compte déjà plus de 200 membres, son objet est large : « défendre et valoriser l’ensemble du patrimoine culturel et environnemental de nos quatre départements. Cela nous permet de travailler en synergie avec d’autres associations. »
Fruit d’une rencontre avec l’auteur Jean-Paul Fontanon, qui a œuvré en faveur de la réhabilitation historique du général Mordacq, natif de Clermont, et bras droit de Clemenceau, un comité scientifique a même été créé pour l’occasion.
Retrouvé mort en 1943, après avoir « basculé » sur le Pont des arts, à Paris, Christophe Gironde avance sa propre explication sur ce décès suspect : « la même année, il a rencontré Pétain plusieurs fois et lui a reproché sans politique anti-juive et anti franc-maçons. »
Résultat des courses ? Une messe en l’honneur du général a été donnée le 12 avril dernier, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides. 70 ans tout juste après sa disparition. Une fierté pour les membres du comité et un signe tangible du sérieux de leur démarche.
Cette année, le président-libraire a jeté son dévolu sur un autre grand oublié de l’histoire, le poète clermontois Jacques Delille. A l’occasion du 200e anniversaire de sa mort. « Pour beaucoup ici, il ne représente qu’une place, alors qu’il était considéré en son temps comme le premier poète français. Il a traduit Virgile, Milton… Il fut élu membre de l’Académie Française a 32 ans seulement. »
Sa librairie et l’Hôtel des Puys accueillent déjà une expo…

Texte : Jean-Paul BOITHIAS
Photos : Valentin UTA

Christophe Gironde Fin lettré

Rédigé par Association PATRIMOINE AUVERGNE - BOURBONNAIS - VELAY (ABV) Administratrice du blog : Laurence Serre Marinier

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